Le marché du logement étudiant

Des besoins réels et exponentiels.

L’offre sur le marché du logement étudiant est à la fois inadaptée et limitée. Les résidences universitaires ne couvrent que 14 % des besoins, qui sont estimés à 500 000 nouveaux logements, résidences
publiques et privées confondues. Outre les étudiants hébergés par un parent, il reste 44 % de la population étudiante qui, chaque année, doit se mettre en quête d’un logement.

Seuls 10 % des étudiants ayant effectué les démarches d’obtention d’un logement en résidence universitaire publique l’obtiennent effectivement.
Sur l’académie de Lyon par exemple, 3ème ville universitaire en France, le CROUS ne peut donner suite qu’à 2 000 dossiers pour 40 000 demandes (5 %).

Par ailleurs, les constructions datent pour la plupart de la fin des années 60 (jusqu’aux années 80), et sont en mauvais état et souvent inadaptées aux besoins des étudiants (manque d’équipements, confort insuffisant, sanitaires en commun…). Conscients que la qualité du logement est un des facteurs de réussite, les Pouvoirs Publics mènent toutefois une vaste et coûteuse politique.

Des initiatives publiques limitées et insuffisantes.

Les plans se succèdent mais la pénurie de logements étudiants perdure. Le « Plan 40 000 » lancé par Cécile DUFLOT vise à mettre en chantier 40 000 nouveaux logements étudiants gérés par les CROUS
d’ici à 2017, dont la moitié en Ile-de-France. Nous pouvons être sceptiques au regard du bilan bien maigre du plan précédent, le plan Anciaux (1). Lancé en 2004, celui-ci prévoyait sur 10 ans 5 000 constructions par an, soit 50 000 nouveaux logements, ainsi que 70 000 réhabilitations. Or, en moyenne seulement 3 000 logements par an ont vu le jour et à peine 60 % des réhabilitations prévues ont été menées à bien.
Face à cette pénurie de places dans les cités universitaires ou autres logements du Crous, les étudiants se tournent donc vers le marché du privé. Mais des freins et des difficultés subsistent également dans le
locatif traditionnel.

Quelques chiffres.

À la rentrée 2013, 2 429 900 étudiants sont inscrits dans l’enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DOM, soit une hausse de 1,8 % par rapport à la rentrée 2012 (+ 43 000 étudiants). Les effectifs inscrits dans l’enseignement supérieur en France ont ainsi augmenté pour la cinquième année consécutive. Entre 2012 et 2013, le nombre d’étudiants étrangers augmente de 2,2 %. En 2013, 27 % des effectifs étudiants se concentrent en Île-de-France. Les principales académies de province sont celles de Lyon, Lille, Toulouse et Nantes, qui accueillent, à elles quatre, 24 % des effectifs
totaux. Les effectifs augmentent par rapport à 2012 dans presque toutes les académies

CERINEWS N°18